
Aucun signal, effectivement… Il ne faut pas s’étonner pourtant, la semaine aura vu apparaître son cortège de découvertes et d’interrogations.
Le lecteur de nouvelles RSS parcourt chaque heure une cinquantairne de fils de nouvelles, retenant des centaines de dépêches qui peuvent parfois provoquer de l’étonnement.
Nous voilà donc au siècle du journal sur mesure, comme proclamait Alvin Toffler, dans son illustre essai Le choc du futur. En fouillant dans la bibliothèque, quel plaisir de dénicher ce passage tout à fait éclairant, écrit il y a donc plus de 25 ans :
« On peut déjà prévoir le jour où les livres, les revues, les journaux, les films et autres media seront, comme la Mustang, offerts au consommateur «sur mesure». C’est ainsi que Joseph Naughton, mathématicien et spécialiste des ordinateurs à l’Université de Pittsburgh, travaille sur un système qui garderait en mémoire le profil du consommateur, c’est-à-dire les données relatives à ses centres d’intérêt, dans une unité centrale. Les machines parcourraient alors les journaux, les revues, les bandes de magnétoscope, les films et autres matériaux pour les confronter au profil de l’individu et elles feraient immédiatement savoir à ce dernier s’il y avait quelque chose de susceptible de l’intéresser.»
ALVIN TOFFLER
Le choc du futur. Éditions Denoël – grand format – page 273.
Eh oui, on reconnaît ici le célèbre «cookie» qui infeste parfois nos ordinateurs personnels aujourd’hui, ou encore le fil RSS auquel on peut s’abonner. Et c'est parfois dans un de ces fils de nouvelles qu'on peut apprendre quelque chose de fort étonnant, au point que la neige sur notre téléviseur prend un sens différent…Pour les internautes aguerris, ces fameuses étiquettes de type XML générées automatiquement lors d'une recherche sur Yahoo ou Google; qu’il suffise simplement d'en coller une dans son lecteur de nouvelles RSS et hop, on obtient en continu une mise à jour de sa recherche. Aurait-on imaginé, il y a quelques années à peine, que nous vivrions un jour dans une civilisation du couper/coller, où un geste aussi banal permet d'accéder instantanément à un flux d'information en continu? Encore une raison de plus pour s'émerveiller!
Toffler rappelle aussi au lecteur que le quotidien japonais Asahi Shimbum a fait la démonstration d’un système peu coûteux qui permettait d’imprimer ses journaux chez soi. Même plus besoin d’envisager celà : la déforestation peut être évitée en consultant son journal directement sur le Web.
L’Univers nous réserve son lot de surprises, de semaine en semaine, et celle qui vient de passer permet encore de confirmer que nous n’avons pas fini de nous étonner, de découverte en découverte. Malgré cette automation de plus en plus avancée du traitement des informations, faut-il croire que l’intervention humaine est encore nécessaire pour s’orienter dans cet inextricable fouillis d’informations qui palpite de seconde en seconde autour de nous? Parmi ces centaines de titres, en effet, uniquement les plus pertinent sont présentés dans cet espace personnel.
Que faut-il donc retenir, dans ces explorations qui devraient être la «marque de commerce» de cet espace personnel? On croyait probablement que tout avait été dit sur le Big Bang et sur le modèle inflationniste de l’Univers. Il suffit de garder en mémoire que la découverte du rayonnement fossile, qui avait été tout particulièrement mise en relief à l’époque où le satellite COBE avait livré ses premières images le 24 avril 1992, il y a près de quinze ans.
Certains d’entre nous sont peut-être au courant que la friture apparaissant sur un écran de télévision, cette fameuse «neige» devant laquelle on se réveille aux petites heures du matin, quand on s’endort dans son fauteuil après un longue soirée de télévision, contient en effet d’infimes traces des interférences laissées par l’explosion initiale de l’Univers, aussi incroyable cela puisse-t-il paraître. Et, encore plus laconiquement, malgré le fait que votre téléviseur soit muni d’une certaine forme d’intelligence pour vous rappeler qu’il n’y a aucun signal. Pas tout à fait vrai, en fait! Un pieux mensonge…
Une mission spatiale plus récente apporte encore plus de crédibilité à cette théorie du rayonnement fossile, et près de quinze ans après ses premières photos sensationnelles, le satellite WMAP, lancé le 30 juin 2001, nous instruit encore plus sur cette intuition tout à fait brillante qui continue à alimenter la chronique astrophysique de notre époque.
À nouveau, on nous rappelle que l’inflation de l’Univers est enfin démontrée (une fois de plus, tiens donc…). On pourrait être un peu plus précis maintenant lorsqu’on ira s’acheter ses caisses de bougies pour placer sur le gros gâteau d’anniversaire de l’Univers. En effet, «l’âge de l’Univers reste estimé à 13.7 milliards d’années, mais maintenant l’imprécision n’est plus que de 60 millions d’années au lieu des 200 millions d’années précédents.» On peut ainsi économiser un peu sur les bougies! Dans tous les articles parus à ce sujet, retenons donc pour cette semaine celui de Futura Sciences!
Alors, autre belle particularité de l’Univers, c’est l’existence des WIMP, ces petites particules de matière noire, qu’on tente de détecter dans des laboratoires souterrains. À cheval entre la matière ordinaire, qui ne constitue qu’un maigre 4% de la matière totale, une partie du 96% restant nous est cachée; là encore, on saisit bien la «timidité» de l’Univers à se dévoiler à nous, comme si tout était fait pour nous cacher l’existence de ses parties les plus intimes et les plus infimes.
Pour qui croit donc en l’intervention divine, voilà que le Créateur, quelque soit son obédience religieuse, a plongé l’Humain dans une recherche incessante de secrets inextricables dans les confins de l’infime. Peu de chômage en perspective pour les esprits investigateurs qui se penchent sur ces questions semblant pourtant si futiles à la majorité!
Pourtant, un esprit curieux ne peut que se réjouir de tant de mystères à percer. De quoi se réjouir devant ceux ou celles qui pensent tout savoir, alors que nous avons à peine entrouvert la boîte du grand mystère cosmique. Encore là, s’illustre un fois de plus Futura Science pour nous aider à fouiller un peu plus loin que le bout du nez!
Bon, admettons, c’est la fin de l’hiver, le printemps tarde trop et certains gestionnaires fatigués partent en croisière. Que peut-on leur reprocher? Toute petite croisière sur un paquebot moyennement luxueux est tout à fait rudimentaire, si on tente un effort d’imagination pour songer à ce pourrait nous réserver le futur!
Rêver à un éventuel périple spatio-temporel, à travers un quelconque trou de ver peut-il vous réjouir autant l’esprit sans grever votre budget? La porte des étoiles, c’est non seulement le titre d’une série télé populaire, Stargate SG-1, mais aussi le rêve de bien des scientifiques qui voudraient partir sur la galère. L’Odyssée d’Homère, bien qu’elle puisse être un récit tout à fait passionnant lorsqu’elle nous est bien racontée, risque de nous laisser bien indifférent quand on songe à ce que les humains pourraient accomplir dans un futur plus ou moins éloigné.
Qui ne songe pas à l’impossible de temps à autre? Les quelques petits itinéraires proposés dans la présente chronique ne sont-ils pas tous aussi agréables que de piger dans un gros buffet? Et, plaisir suprême, le goût de savoir fait rarement engraisser! Une fois de plus, un autre dossier de Futura Science, bien étoffé, permet d'exercer la curiosité; cela peut nous conduire bien loin. Faute de trou de ver, le précédent hyperlien vous aura déjà fait faire un petit voyage entre ce texte et un site Web agréable à fréquenter!
Pour rester dans la même veine, pour ceux qui ne voudraient pas s’investir dans des voyages à l’échelle cosmique, semble-t-il que les missions spatiales habitées vont reprendre bientôt et qu’on va à nouveau repousser les frontières de l’espace. Nos derniers souvenirs de voyage sur la Lune, lors des missions Apollo, seront bientôt ravivés. Mais nous aurons probablement de meilleures images, puisque la télévision numérique éliminera enfin cette neige et ces interférences (du Big Bang, rappelons) qui en rendaient le visionnement pénible! Pensons qu’il y aura encore malheureusement des sceptiques qui croiront que cela nous parvient des studios de télévision américains.
Tout chercheur sérieux, qui fréquente le rayon des sciences des librairies et compulse les innombrables publications sur le sujet, ne tombera sans doute pas dans ce piège. Cette fois-ci, la Chine sera aussi dans la course. Donc, en plus de visiter le site de la NASA, nous pourrons aussi nous réjouir de l’information nous parvenant d’un autre continent, comme sur la Chinese Academy of Space Technology. Souhaitons d’ici là que la muraille Internet s’assouplira un peu, car le chargement de cette page ne se fait pas à la vitesse de la lumière, disons! Il y a sans doute peu d’internautes américains se promenant sur ce site et en trouver l’adresse était presque un défi!
Et puisque de plus en plus de téléspectateurs sont ravis d’images en haute définition, pourquoi ne pas terminer cette petite chronique avec une belle carte postale de voyage, une très belle photo de Mars envoyée par Orbiter!
2006 07 09 at 11:55
[...] Étrangement, cette parenthèse bodganovienne est survenue après avoir lu un ouvrage d’une qualité scientifique indiscutable : Bing Bang de Simon Singh pendant l’hiver 2005. Depuis, je comprends beaucoup mieux les différentes facettes de la théorie du Big Bang, me surprenant même à pouvoir enfin exposer à mes amis le problème de l’horizon cosmologique ou la découverte fondamentale de Penzias et Wilson sur le rayonnement fossile de l’Univers, ce fameux bruit parasite qui dérangeait les chercheurs des laboratoires Bell. J’en parle d’ailleurs dans le billet N’ajustez pas votre appareil. [...]