mai 2006


 OrbiteSolaire

Voilà, il faut bien tenter de l'écrire

Quarante-huit milliards neuf cent un millions six cinquante-six mille neuf cent soixante kilomètres de parcours en compagnie de l'Humanité, autour de notre étoile locale : le Soleil. Chiffre assez mirobololant à écrire pour qui ne maîtrise pas bien la langue, doit-on candidement avouer, puisque la première version comportait une grosse faute.

Mais à l'avenir, il sera possible d'éviter un tel écueil, encore une fois de plus, grâce à la Grande Machine Mondiale Web, comme je commence à l'appeler de plus en plus souvent. Il faut bien l'avouer, on oublie trop souvent qu'on a plus besoin maintenant de demander à son grand frère ou à sa grande soeur la réponse à une guestion, comme lorsque nous étions tout jeune : «Dit, comment ça s'écrit 48 901 656 960 ?» Non, on pèse sur un bouton et une machine nous le dit immédiatement !

Mais quelle est donc cette distance ? Malgré qu'elle soit toute approximative, à 29,8 km./sec., c'est celle sur laquelle l'auteur de ce blogue s'est promené avec tous les gens de son âge, autour de notre principale source d'énergie, depuis le jour de sa naissance.

Aujourd'hui, donc, une cinquante-troisième orbite démarre… Inconmensurable plaisir d'être présent dans l'Univers, afin de pouvoir exercer l'art de se demander pourquoi nous y sommes ! Aussi simple que cela, mais merveilleux tout de même !

Souhaits pour tous ceux et tous celles participant à ce fantastique périple, d'y demeurer le plus longtemps possible : vous tous et vous toutes, quoi !

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Soleil | Solstice | Stonehenge

Révision 1.1

La rencontre
La rencontre…
Avec l’aimable autorisation de Cetusss ©

AIMER LES ROBOTS
Pourquoi pas ?

Écrire sérieusement sur la cybernétique et les robots peut être une chose; se laisser porter au hasard sur la blogosphère, cette gigantesque machine – définition élargie ici – composée de tous les ordinateurs et de tous les humains, c’est est une autre…

Peut-être pourra-t-on accepter qu’un blogueur qui tente parfois de se dissimuler derrière ses prétentions scientifiques puisse aussi avoir un côté un peu plus léger, non ? Ce billet est anecdotique, enfin, juste parce que je viens de suivre un lien, pour simplement consulter les étiquettes associées au mot robot (1), sur Flickr…

Plus de 40 000 photos de robots, croirez-vous ? Hallucinant ! Il fallait vraiment être chanceux pour aboutir rapidement sur la plus originale. Pas besoin d’entrer dans le détail des détours nécessaires pour repérer cette photo charmante. Nous qui nous demandons tous et toutes quel est l’avenir de notre relation avec ces créatures, sorties tout droit de notre imagination. Et bien, voilà, une espèce de Valentin Robot avec une étincelle qui allume dans le coeur du robot, n’est-ce pas charmant après tout ?

Une espèce de déchirure, d’anfractuosité, dans le tissu cosmique du sérieux vient de se manifester, une fois de plus ! Il y a quelque chose de rafraîchissant ici. Comme ce billet sur la cybernétique qui s’en vient est un peu ardu, j’ai décidé que le mois de juin, qui se pointe le bout du nez, mérite un peu de légèreté. Suite à une petite lettre sympa, l’auteur de la photographie ci haut – Cetusss – m’a donc permis de le citer visuellement, C’est fait !

Même si on a l’habitude d’insérer un hyperlien si facilement sur le Web, à partir de n’importe où, il faut que cet hyperlien ne soit pas simplement le renvoi à un simple fichier. Dans le cas où il s’agit d’oeuvres personnelles, il faut bien rendre à César ce qui appartient à César, et dans ce cas-ci à Cetusss ce qui appartient à Cetuss. Vous pouvez sans doute vous imaginer facilement que pour beaucoup de blogueurs et de blogueuses naissent de nouvelles relations en collant ainsi un lien. Tiens, me voilà en train de faire une anthropologie de l’hyperlien, pourquoi pas ?

C’est bien amusant … alors, si ce blogue est parfois lourd, un petit courant d’air fera du bien ! Une première brise de juin, tout en s’inscrivant dans le thème cybernétique. Avouons que la cybernétique peut aussi être abordée un peu plus légèrement !

Niveau 201 | Bibliothèque de Signets | Notes

Robot

(1) En accédant au mot robot, dans Flickr, il est possible d’accéder à trois sous-catégories différentes : Most relevant, Most Recent et Most Interesting. Si seulement l’examen de ces photos par un seul étudiant ou une seule étudiante en anthropologie ou en sciences sociales pouvait donner le goût d’entreprendre un étude sur les représentations populaires du robot dans la photographie, ce billet aurait servi à quelques chose, au moins !

Révision 1.1 – 2006-06-02

Source Videodrom.org 

Will Smith sa faufilant à travers une armée de robots… dans I, Robot

Chronique d’une mort annoncée…

Avant de présenter le premier billet de fond dans la série cybernétique, le 2 juin, faisons un petit détour dans la culture populaire. La cybernétique étant un champ d’investigation très large, dans lequel peut s’intégrer une réflexion sur de la relation entre les Humains et les Machines, il nous faudra aborder ce sujet avec grande ouverture d’esprit et circonspection, tout à la fois. Il nous est encore difficile d’envisager cette idée de l’avènement d’une civilisation où les robots feraient partie intégrante de la culture ambiante.

Il suiffit pourtant d’effectuer quelques recherches pour constater que de la littérature sérieuse existe sur ce sujet.

Cependant, si on s’en tient au niveau de la culture populaire ou de l’actualité, peu de personnes ont entendu parler des Trois lois de la robotique, de Isaac Asimov, par exemple. Peu d’articles élaborés sur ce sujet peuvent nous orienter sur les maintes implications éthiques et sociales de ces trois lois; un article général – en anglais – sur l’encyclopédie libre Wikipédia, brosse un tableau très sommaire.

On a aussi traité de ces lois dans un film à large diffusion, récemment : I Robot; ou encore dans un film un peu plus subtil, de Steven Spielberg, Artificial Intelligence. Ce qui est un peu inquiétant, en consultant le site web officiel de ces films, c’est que nous demeurons vraiment en surface – du divertissement – rien d’extraordinaire à y apprendre; pourtant, ce sujet vaste de l’avènement de la robotique et de l’intelligence artificielle mériterait un traitement plus approfondi. Ironiquement, même la Warner Bros n’a jamais livré son site Web sur le film de Spielberg; faut-il croire que ce sujet ne fait pas courir les foules ou que les inquiétudes soulevées dans ces films ne seraient pas fondées… On y verra tout au plus des oeuvres purement spéculatives.

Un livre amusant a été publié à l’automne 2005 : How to survive a Robot Uprising; malheureusement, ce genre de livre est loin de rendre service et ne peut orienter notre pensée de manière prospectiviste. Tout au plus, y retrouve-t-on encore une fois une forme de diversion. Dans le même ordre d’idées, on commence simplement à s’amuser avec des petits robots jouets, dont l’ancêtre sophistiqué est Aibo de Sony – qui en abandonne d’ailleurs la vente – ou on s’intéresse à d’autres gadgets – qu’on coiffe de l’étiquette robotique, ne serait qu’un aspirateur qui fait le tour de l’appartement en catimini pour l’entretien, ou même une tondeuse à gazon qui fait le tour de la pelouse, sans qu’on aie à s’en occuper.

Nous vivons en ce moment un très petit tournant de l’histoire de la robotique, qui passe presque inaperçu… cependant pour les historiens du futur, il pourra prendre une saveur toute particulière.

C’est une Première rubrique nécrologique robotique : la mort annoncée de notre petit chien robot préféré : Aibo. Le dernier modèle produit en mars 2006 se verra retiré son oxygène logiciel en mars 2013. Un mois de deuil, à venir, pour le premier toutou robot pris en grande affection par l’humanité. Une musique douce jouait dans la bibliothèque, au moment où cette information a été repérée; un petit pincement de coeur, vraiment… une page d’histoire de la robotique est en train de se tourner. La page Web donnant cette information a valeur historique. Vous devriez imprimer cette page avec PDF Writer. Dans 20 vingt ans, elle prendra de la valeur.

IN MEMORIAM

Épitaphe AIBO

Ici gît le premier petit toutou robot chéri.
Que son souvenir se perpétue à tout jamais.
Dans la mémoire de l’Humanité.
Comme le premier petit animal électronique.
AIBO est mort. Vive QRIO !

Outre la disparition de la première figure emblème réelle de la nouvelle mythologie robotique, peu de choses, dans la culture populaire, qui puisse vraiment nous orienter vers d’éventuels problèmes éthiques, auxquels les Humains devront faire face un jour si la robotique continue à se développer.

Encore moins pour réfléchir aux conséquences multiples du développement de l’intelligence artificielle. Mais peut-on se contenter de rester ainsi en surface, en faisant semblant que rien de ceci ne nous concerne ? Et avez-vous déjà entendu parler de la singularité et transhumanisme ?

Ce sera le thème du prochain billet !

En attendant, pour vous divertir, si cette triste nouvelle vous donne la migraine et vous étourdit un peu, pourquoi ne pas consulter le Dr. Joanne Pransky, première robopsychologue. Le contenu de ce site est tout à fait étonnant pour passer à un niveau 201 !

Ce billet vous a intéressé ? Lisez toute la série Anthropologue recherche cybernéticen, en commençant par le bas !

En coiffant ce billet d’une belle illustration tirée d’un article de Futura-Science, nous pourrions nous contenter d’être un simple perroquet de l’actualité scientifique, si aucune perspective supplémentaire n’y est apportée. Cette actualité regorge d’ailleurs de nouvelles sensationnelles, dont l’optimisme presque délirant suscité par des technologies avant-gardistes prometteuses. Elles sont la manifestation des grandes prouesses de l’ingéniosité humaine pour résoudre les problèmes que nous nous créons souvent nous-mêmes. Cela nous éloigne de certains enjeux essentiels auxquels il nous semble difficile de ne pas revenir, de temps à autre.

En présentant différentes facettes de notre émerveillement devant l’Univers, il semblera parfois que l’intérêt porté aux lointains horizons des phénomènes astronomiques, ou aux grandes questions cosmologiques, est une diversion, sinon une évasion. On pourrait nous croire plus proche de l’esthétisme – l’Univers est beau et merveilleux – que du pragmatisme. La gestion des enjeux inhérents à la gestion des énergies disponibles sur le vaisseau Planète Terre - concept Spaceship Earth, promulgué par Buckminster Fuller – aboutit souvent au constat que nous sommes en pleine crise énergétique. Mais le sommes-nous vraiment ?

L’énergie solaire nous semble remplie de ses promesses, nous permettant de puiser dans une ressource accessible à tous, gratuitement. En contrepartie, jusqu’à quel prix sommes-nous prêts à payer pour en tirer bénéfice ? Cet exemple est un prétexte soulever les difficultés inhérentes à la gestion de notre portefeuille énergétique.

La présentation audiovisuelle du projet est à couper le souffle. On veut nous faire rêver un peu. On remarquera surtout, en plus du défi technologique posé par la construction d’une telle tour, qu’une partie de la vidéo promotionnelle suggère ce nouvel objet de curiosité comme une attraction touristique. Constatez de vous même, si vous n’avez pas encore eu la curiosité de cliquer sur l’image en ouvrant ce billet !

Ce n’est pas un mal en soi; juste un léger paradoxe, léger malaise, d’imaginer tant d’efforts investis pour accéder à une énergie propre, mais simultanément une affluence de touristes, venant s’émerveiller devant ce prodige technologique, contribuant de ce fait à une nouvelle dépense énergétique. Mince pourcentage ? Peut-être… Dans l’éventualité où un village de la province de Ciudad Real possèdera une tour solaire de 750 mètres, quel seront les impacts de cette installation sur la vie actuelle de ses habitants ?

La gestion des différents types d’énergie utilisés pour habiter la planète Terre est inadéquate cependant, malgré notre bonne volonté. De tels projets sont louables, certes… alimenter 120 000 personnes, pour 40 MW, énergie équivalente à 140 000 barils de pétrole, et évitant l’émission de 78 000 tonnes de dioxine de carbone, le tout pour un coût initial de 240 millions d’euros. Mais il faudrait faire ici une équation coûts bénéfices. Pour les lecteurs possédant suffisamment de connaissances dans ce domaine, ne pas hésiter à commenter.

C’est quand même un bel exercice d’ingénierie, mais comment ce projet se compare-t-il avec l’efficacité d’autres types d’énergie, au fait ?

Notre portefeuille énergétique

Ajoutons donc une question : avons-nous vraiment une perspective élargie de la gestion de l’énergie de notre planète ? En fait, sommes-nous des gérants d’estrade, sans vision à long terme, nous laissant emporter par les idéologies des gouvernements consommateurs de taxes et des entreprises consommatrices de revenus ?

Un célèbre ingénieur a déjà réfléchi à cela; parfois, il semble qu’il n’a pas encore été tout à fait compris. Nous ne méditons pas assez à sa contribution.

« Le compte des revenus en énergies cosmiques de l’Humanité consiste essentiellement de la gravité et des étoiles (99% solaire) distribuées sous forme de dividendes cosmiques d’hydro énergie, de force des marées et des vagues, d’énergie éolienne, d’alcools produits par les végétaux, de méthane, du volcanisme et ainsi de suite. Le taux actuel de consommation n’est égal qu’à un quatre millionième de un pourcent du taux de revenu énergétique.

Les gouvernements assoiffés de taxes et les entreprises assoiffées de profits, pour le moment, éprouvent une insurmontable difficulté de ne pouvoir installer des compteurs entre l’Humanité et ce revenu en énergies cosmiques, et ainsi ne font rien de réaliste pour aider l’Humanité à profiter de ce capital énergétique [...].»

R. Buckminster Fuller
Critical Path. St-Martins Press. 1981.
en traduction libre

Et Buckminster Fuller développe longuement sur ce sujet, dans son essai remarquable. Quelle est donc cette crise d’énergie, quelle crise ?

Peut-être aurons-nous le temps d’y penser un peu, alors qu’au États-Unis seulement, dans les années 80, selon lui, 24 heures sur 24, jour après jour, année après année, une moyenne de 2 millions d’automobilistes sont immobilisés sur des feux rouges, totalisant une énergie qui serait équivalente à 200 millions de chevaux qui sautent et sautent sans aller nulle part ! Voila une belle image !

Ce billet sera sans doute perçu avec un certain cynisme, comme un empêchement de tourner en rond, mais au contraire, il est un appel à réfléchir sur des questions fondamentales. Nous devons aborder la gestion de l’énergie dans une perspective la plus large possible. Il faut certes orienter notre réflexion sur l’identification de nouvelles technologies, pour bénéficier des énergies nouvelles. Mail il faut surtout changer de paradigme au niveau de notre consommation.

Bien des efforts seront requis, en nous demandant s’il est nécessaire de toujours nous déplacer pour aller travailler, alors que le réseau informatique planétaire nous permet de le faire chez soi, de voyager dans d’immenses avions qui creusent l’atmosphère d’irréparables sillons d’émanations destructrices. Tout autre moyen permettant de diminuer notre dépense énergétique est à identifier. C’est une des parties importantes de l’équation qu’il nous faut aussi tenter résoudre.

Le marché de l’énergie est vaste. Les coûts associés à notre dépense énergétique sont de plus en plus élevés, dans la mesure où nous devons payer de plus en plus pour disposer de moins en moins d’énergie. Alors, quelles sont les autres solutions ?

Niveau 201 | Bibliothèque de signets | Références

Énergie Solaire | Énergie hydraulique | Énergie éolienne | Énergie Fossile | Énergie nucléaire

Solar Mission Technogies & Présence WEB| Présence Web Enviro Mission Limited

AU CAS OÙ L’UNIVERS AURAIT UN DÉBUT
Certitude de l’incertitude

Le blogue univers zéro un 101, depuis ses débuts, s’est coiffé d’une courte maxime. Ces incessants débats entourant la théorie du Big Bang la rendent plus pertinente. Dans une des pages de présentation du blogue, nous la justifions ainsi :

« La maxime du blogue, au cas où l’univers aurait un début, se justifie du fait que beaucoup de personnes croient que l’Univers est éternel. Peu importe donc l’état dans lequel son tissus cosmique se présente à notre expérience sensorielle, ce concept d’éternité nous oblige ainsi à postuler qu’il est sans début, ni fin; exception faite bien sûr de notre bref passage conscient en ses murs infinis. [...] Mais si nous n’étions pas là pour postuler ainsi ce concept d’éternité, qu’en serait-il? »

Ce débat n’étant ni nouveau, ni prêt de se terminer, cette maxime demeure pour le moment une espèce de position éditoriale de ce blogue, une perspective du regard.

Ce billet brosse un tableau impressionniste du débat. Suite à une visite coutumière dans les kiosques à revues, un titre à sensation de la presse scientifique populaire crée le larron, un peu voleur de sens, à la limite cambrioleur sémantique tentant de soutirer au réel son trop de substance en le dénuant un peu de signification, histoire d’exercer un certain doute !

Ce n’est pas seulement les stars hollywoodiennes qui captent notre attention, mais les étoiles du firmament aussi, dans notre quête des origines. Mais pourquoi ?

Il suffit de revenir une seconde fois sur un même titre, même si ce n’est qu’une des nombreuses petites nouvelles ou articles qui nous sont injectés par les fils RSS ou rencontrés au hasard des promenades sur la blogosphère. S’apercevoir qu’un détail nous échappe ou qu’une nouvelle similaire a jeté un nouvel éclairage fait partie de la vie de chercheur sans papiers. Il est faux de croire qu’un article se termine au moment où le magazine est refermé et rangé sur une étagère.

BIG BANG
Il n’a peut-être jamais eu lieu.

Science & Vie. Avril 2006. No. 1063

Ce titre, coiffant le dernier numéro de Science & Vie pourrait porter à confusion. Que veut-on dire, que veut-on défendre ? Dans le second volet de ce grand reportage – Le big bang fait de la résistance – Serge Brunier expose sommairement les opposants dans l’arène d’un combat où il ne semble pas y avoir uniquement des enjeux scientifiques, et cela apparaît rapidement, en filigrane.

Il expose brièvement certains concurrents en lice, dont le modèle univers stationnaire – Hoyle, Bondi et Gold, le modèle dérivé univers quasi stationnaire – Narlikar, Burbidge, et enfin le modèle univers plasma – Alfven.

Les autres théoriciens n’y trouvent par leur compte, que ce soit la Théorie des cordes ou la Cosmologie quantique. Comprenons que ces dernières perspectives cosmologiques se situent dans le champ de la physique théorique, où il les questions mathématiques sous jacentes à ces théories conduisant loin de l’expérimentation en laboratoire; il ne faut pas dire que ces voies sont sans avenir, mas cela ne mérite pas un rejet de l’arène.

Si ce billet devait se coiffer d’un sous-titre en anglais, en voici un qui pourrait très bien faire la couverture d’une revue de science populaire. En scrutant le Web, ce titre ne semble pas encore avoir été retenu :

BIG BANG
… or big bucks?

Nous pénétrons rapidement dans un champ miné, épistémologiquement, en nous rendant compte bientôt d’un aspect idéologique qui ne nous vient pas toujours à l’esprit en songeant à la recherche cosmologique : l’argent! Les Big Bucks… Pourtant, il suffit d’observer tous ces instituts, laboratoires, observatoires, pour nous rendre compte que la recherche scientifique coûte très cher. Les difficultés rencontrées actuellement pour le LHC du CERN peuvent nous ramener rapidement sur le terrain financier, ainsi que l’abandon du projet américain du SSC, comme nous le rappelions dans le billet Le déclin des accélérateurs de particules américains.

«En clair, l’astronomie moderne serait devenue une véritable “machine à prouver le big bang”, broyant sur son passage toutes les observations, toutes les hypothèses qui n’abondent pas dans son sens».

Ce point de vue n’est pas tout à fait dénué de sens, il nous faudrait prendre un cours The Big Bang Economics 101 pour disposer de toutes les sources d’informations pertinentes à ce sujet.

Cette fameuse lettre ouverte – An Open Letter to the Scientific Community, comporte des éléments de réponse à ce débat. Serge Brunier résume très bien son message, qui en substance, reposerait sur ce constat : «Comment ne pas s’étonner que nos théories ne soient pas aussi achevées, puisqu’aucun moyen ne nous est accordé.»

Des propos continuant de faire écho dans un billet venant tout juste d’être publié le 15 mai dans la revue Forum de l’Université de Montréal – Le big-bang implose-t-il? – le professeur Robert Lamontagne commente aussi à sa façon cet article.

«Le ton accusateur de la lettre nous en apprend plus sur la sociologie que sur la physique. En sciences, le fardeau de la preuve appartient à ceux qui proposent de nouveaux modèles. On est prêts à abandonner le big bang si l’on nous apporte une meilleure théorie, mais les autres modèles ne convainquent pas l’ensemble des quelque 10 ou 20 000 astrophysiciens.»

Il fait notamment remarquer que les signataires ne sont pas les astrophysiciens les plus jeunes, mais une génération un peu plus âgée, qui se réfugieraient alors dans leur propre paradigme de recherche, en quelque sorte.

Le professeur Lamontagne, de son côté, est bien de notre temps en tenant un blogue où il accueillera avec plaisir des commentaires sur cette lutte idéologique. Son billet – La théorie du Big-Bang est-elle contestée? – expose très bien les enjeux et est une belle invitation pour les francophones à prendre connaissance du débat, puisque l’univers scientifique francophone occupe insuffisamment d’espace dans la blogosphère.

Au moment de commenter son billet, cette question épineuse soulevée par cette fameuse lettre, une bulle contemporaine pourrait-on dire, n’avait pas suffisamment attirée mon attention.

Le progrès des sciences repose sur la succession infinie de révolutions scientifiques, et à coup d’expériences, d’essais et d’erreurs, non seulement notre connaissance sur l’Univers évolue-t-elle, mais parallèlement les représentations que nous nous en faisons. Quelques soient les percées scientifiques, elles suivent toujours le chemin ardu des révolutions scientifiques, comme l’expose brillamment Thomas Kuhn, un Sénèque moderne, dans La structure des révolutions scientifiques.

«Si la science est une constellation de faits, de théories et de méthodes accessibles dans des textes courants, alors les scientifiques sont ceux qui contribuent, avec ou sans succès, à l’un ou l’autre des éléments de cette constellation. [...] Soucieux du développement des sciences, deux tâches incombent à l’historien des sciences. D’une main, il doit déterminer par quel homme et à quel moment chaque fait scientifique, loi et théorie contemporaine ont été découverts ou inventés. De l’autre, il doit décrire et expliquer les accumulations d’erreurs, de mythes et de superstitions ayant empêché une constitution plus rapide des éléments du texte scientifique moderne. Beaucoup de recherches se sont tournées vers ces deux extrémités, et il en reste encore.» 

Thomas Kuhn
The Structure of Scientific Revolutions. Second Edition. The University of Chicago Press. 1970.
En traduction libre – voir Apostile II

Le doute méthodique doit donc rester présent à notre esprit, en dépit des combats idéologiques auxquels il est impossible d’échapper. La théorie du big bang ne peut qu’être soumise à la critique, comme toute théorie scientifique : elle fait partie prenante de l’histoire des sciences, mais celle qui est à venir.

Il serait trop facile de céder à l’esprit de conspiration et de dénoncer, par des manifestes sur le Web, l’ostracisme de théories dominantes. La science ne peut pas avancer à coup de pétitions. Certes, les changements de paradigmes, historiquement, ont été parfois douloureux, suffit-il de penser à la révolution copernicienne. Il faut aussi garder à vue que d’autres révolutions sont à venir, la science n’étant pas une oeuvre achevée.

Les questions auxquelles nous répondrons dans le prochain siècle généreront probablement à leur tour de nouvelles questions, qui prendront plusieurs siècles de plus à résoudre. Lorsque le LHC du CERN sera opérationnel, quelles surprises nous attendent ?

De surcroît, quelles nouvelles questions, que nous ne connaissons encore, seront alors dévoilées au moment où la première collision de hadrons aura lieu dans ce grand cerceau de 27 kilomètres; ou encore lorsque le téléscope Hubble sera remplacé par le James Webb ?

La théorie du big bang est pour le moment une des plus cohérentes à date; en tant que chercheur autodidacte, je me conforte de la maxime de ce blogue, au cas ou l’Univers aurait un début… perspective confortable qui n’infirme, ni ne confirme, sinon cette modeste présence sur un billet, pour partager mon étonnement et surtout le bonheur d’être en mesure d’exister par le doute.

Ce blogue ne manquera jamais de sujets pour l’alimenter, semble-t-il !

 Je doute, donc suis-je ?

APOSTILLE I
2006-05-20

Le courrier de l'UNESCO.

En ce temps-là, le néant n’existait pas, ni l’être.
L’air n’existait pas, ni les cieux qui sont au-delà.
Qu’est-ce qui l’enveloppait? Où était-il? Sous la garde de qui?
Y avait-il de l’eau cosmique, aux profondeurs insondables?
Mais qui le sait et qui pourrait affirmer
D’où tout cela provenait et comment advint la Création?
Les dieux même sont postérieurs à la Création,
Qui donc sait vraiment d’où elle a surgi?

Rig-Veda, X, 129 

Cette magnifique illustration, semblant sortie tout droit de la Légende des Mille et une nuit, devrait nous rappeler momentanément que notre regard cosmologique ne doit pas se tourner uniquement sur les objets de la science, lorsqu’on tente de réfléchir aux différents phénomènes à travers lesquels se manifestent la présence de l’Univers. La pensée orientale contribue également à nous éclairer de perspectives devant contribuer à l’approfondissement de notre réflexion. Elle doit s’intégrer à toute démarche visant une meilleure compréhension de cet objet d’admiration que constitue en soi l’Univers.

Ainsi, un article de Sudhanva Deshpande, du Courier de l’UNESCO, pose une question qui s’inscrit tout à fait dans l’optique de la maxime du blogue : Et si le monde n’avait pas eu de commencement ? Le dossier complet Il était une fois la création, offre une réflexion élargie sur toutes les questions inhérentes à la Cosmologie, et il est fort à souhaiter que ce dossier ne disparaisse pas de vue, étant donné qu’il a été publié en 2001.

Cette autre facette cosmologique ne doit pas être évacuée, car la démarche philosophique est aussi un aspect important de cette quête de sens que chacun et chacune de nous effectuons, à notre manière. Il faut s’attendre que cet autre versant de la réflexion cosmologique fasse désormais partie de ce blogue, afin de rétablir un certain équilibre entre la démarche scientifique et la démarche philosophique.

APOSTILLE II
2006-06-08

La recherche personnelle – ou scientifique – est parfois parsemée d’embûches ou d’heureuses coïncidences; aujourd’hui, ce fut le second cas. En entrant dans une librairie d’occasion, et en engageant la conversation avec un étudiant – type planétaire – parcourant un rayon des sciences, un heureux échange de propos nous a permis de partager des intérêts communs. Saluations donc, Leonnard – il faut dire Lennard, pas de «o» …

Nous avons pu notamment revenir sur le fait que la cosmologie est avant tout, en termes anthropologiques, un système de représentations. La trame narrative du roman cosmogonique est définitivement celle du roman, pour revenir à Foulatier, une fois de plus !

Elle a été agrémentée de plus par une trouvaille inattendue – un livre que je ne cherchais pas – à ce moment je me dis c’est lui qui me cherchait -  la traducton de The Structure of Scientific Revolutions, à un prix ridicule.

Cela m’a permis de constater que j’étais inexpérimenté pour rendre justement l’esprit d’un texte dans une autre langue. On le constatera ici, grâce au travail de traduction; le nom du traducteur ne figure pas à l’ouvrage – dommage – mais est au crédit des Éditions Flammarion.

Reprenons cette citation :

«Si la science est l’ensemble des faits, théories et méthodes rassemblés dans les ouvrages courants, alors les savants sont les hommes qui, avec ou sans succès, se sont efforcés d’ajouter tel ou tel élément à cet ensemble particulier. [...] Face au développement scientifique, l’historien semble avoir deux tâches principales : d’une part, déterminer par quel homme et à quel moment chaque fait scientifique, loi ou théorie scientifique a été découvert ou inventé; d’autre part, décrire et expliquer les masses d’erreurs, de mythes et de superstitions qui ont freiné l’accumulation des éléments constituant la doctrine scientifique moderne. De nombreuses recherches ont été et sont encores orientées dans ce sens».

Niveau 201 | Bibliothèque de signets | Exposition | Version

Univers Stationnaire | Physique théorique | Big Banq | Unification | Cosmologie quantique | Multivers | Théorie des cordes | Univers Cyclique | Cosmologie Orientale

L’âge d’or des sciences arabes - l’institut du Monde Arabe – voilà donc une perspective différente à contempler!

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