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Nous avions les déchets domestiques; en nous reportant au dernier billet de Dave Sifry, dans le blogue de Technorati, nous pouvons maintenant déclarer que nous avons maintenant des déchets numériques, sur la blogosphère. Mais attention, le propos n’est pas ici de dire que la blogosphère est une poubelle.

Bien loin de lè, cette accumulation fort intéressante de billets témoigne de la petite histoire de plus de 35 millions de blogonautes, qui les enregistrent au rythme de plus de 1 millon à l’heure, dont celui-ci en date d’aujourd’hui!

Comme nous désirons aborder cette question dans un perspective différente, peut-être pourrions-nous d’abord méditer un instant sur les déchets tels que nous les connaissons très bien déjà, dans un Univers que nous qualifions de matériel. Laissons un philosophe immatéraliste québécois nous rappeler à l’ordre :

«Le déchet est la forme terminale dégradée que prend l’activité humaine productrice d’ustensiles. Il représente un substance à niveau énergétique bas, don un produit entropisé exprimant la dégradation de l’énergie par un désordre toujours croissant, c’est-à-dire presque irrécupérable. Par sa situation qui le met au bord du néant, il est un “presque non-être” qui prend de la place et nargue les prétentions de l’homme à vivre dans un monde ordonné et propre.

En réalité, si l’homme prend ombrage de l’existence du déchet, c’est que ce dernier lui rappelle son animalité qu’il a à vivre sur le plan psycho-physique où s’exerce la loi d’espèce.»

André Moreau
Grand Traité sur l’immatérialisme. Tome I. La matière n’existe pas

Dans un tel cas, comme le déchet matériel est une précieuse source de renseignements sur notre civilisation, même si l’humain « subit les conséquences désastreuses de son activité vouée à la fabrication de l’artificiel », selon les termes de ce philosophe, comment devons-nous envisager l’avenir de l’écriture, en tant que trace du vécu immanent de tous ces blogonautes qui désirent témoigner de parcelles de notre histoire?

À vous de choisir où sera enterrée votre dépouille… mais combien de temps survivront les traces de votre écriture, intangible et numérique?

Bien sûr, les pages web ne jaunissent pas ni ne s’écornent, et on est en droit de se demander qu’en restera-t-il dans un siècle, alors que l’humanité écrit plus que jamais dans doute, dans une nouvelle montée noosphérique comme on le mentionnait dans un billet précédent sur ce thème.

Il suffit de se reporter aux propos de James Gleick, un écrivain scientifique bien connu, prophétisait déjà à ce sujet, en avril 1998, dans son article habilement coiffé de ce titre : The Digital Attic – Are we now Amnesiacs? or Packrats? (Le grenier numérique – Sommes nous amnésiques? ou paperassiers?).

Du strict point de vue du traitement de l’information, il fait d’ailleurs remarquer que nous avons commencé à perdre des données scientifiques cruciales ou des données d’affaires emmagasinées sur des cartes perforées ou écrit dans des langues mortes informatiques, sinon enregistrées sur des bandes magnétiques qui se détériorent. Millions de disquettes, de disques CD ou DVD s’empilent.

Il n’y a pas que nous qu allons au cimetière, nos documents aussi! Nos sites personnels, les sites des compagnies, traces numériques, témoins de notre civilisation, disparaîtront probablement beaucoup plus vite que les pyramides.

Drôle de sujet. alors que vous avez peut-être récemment échappé à une catastrophe de serveur? Nous dirigeons-nous vers un second icendie de la bibliothèque d’Alexandrie, mais sans flammes? Avons-nous besoin de tout cela, ou devons-nous tout jeter à la poubelle? Il est toujours possible qu’un matin parraisse le dernier billet de ce blogue. Son auteur n’a pas encore fait son testament numérique!!!

Dans un prochain billet, nous reviendrons sur les solutions.

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