octobre 2006


 L’Esprit de l’Halloween vit sur une étoire morte créant du ravage céleste

 Tel est le titre d’un petit article paru aujourd’hui sur le site de l’observatoire Rayon X Chandra…

On y apprend notamment que dans le folklore des Celtes et d’autres cultures anciennes, l’Halloween marquait la mi-temps entre l’équinoxe d’automne (le 21 septembre) et le soltice d’hiver (le 21 décembre) sur le calendrier astronomique, une nuit d’horreur quand les esprits des morts répandent la terreur à leur retour sur Terre. Même si aujourd’hui, c’est la course aux friandises, l’esprit orgiinal de l’Halloween vivrait ainsi dans l’espace, déguisé en nébuleuse du Crabe !

Que de frissons ! Et quel article court écrit par mon fantôme !!!  Si vous avez d’autres légendes de folklore reliées au objets célestes et au cycle des saisons, c’est le temps de laisser ici un commentaire !!!

L’article de Wolfgang Hillebrant et al – How to Blow a Star – sur l’explosion des supernova, et le documentaire Hyperspace, traitant de l’explosion des étoiles, rappellent que les phénomènes distants survenant à l’intérieur des objets célestes ne sont pas déconnectés de notre propre existence. 

SCIENTIFIC AMERICAN
Couverture percutante

SCIAM 200610Scientific American: How to Blow Up a Star [ ASTROPHYSICS ]
It is not as easy as you would think. Models of supernovae have failed to reproduce these explosions–until recently

Le magazine Scientific American d’octobre 2006 propose l’article How to blow a Star, coiffé d’un titre choc en couverture :  Catastrophysics ! Il s’ajoute à ceux déjà cités dans ce blogue… Il attire l’attention tout en étant un néologisme des plus adéquats, faisant référence de manière imagée à un secteur de recherche désigné plus sérieusement astrophysique expérimentale.

Dans le cas présent, l’explosion des supernovas, appartenant à ces objets célestes de forte taille, pourrait aussi s’inscrire dans la catégorie cataclysme ou catastrophe, même si ce type d’événement n’a pas d’impact direct sur l’existence terrestre.

Suffit-il de rappeler que la découverte d’objets célestes peut provoquer de profonds bouleversements culturels ou même des révolutions scientifiques. L’objet céleste méritant le plus de retenir l’attention à ce titre est justement l’explosion d’une supernova, observée le 11 novembre 1572 par l’astronome Tycho Brahé, qui vit alors une nouvelle étoile apparaître dans la constellation Cassiopee. Ce fut l’acte de naissance de l’astronomie moderne, une preuve outrecuidante que le ciel n’était pas fixé à jamais !

Même quatre siècles après la découverte de Tycho Brahé, cet article permet de constater que nous connaissons peu les phénomène complexes se cachant derrière l’explosion d’une supernova : qu’est-ce qui fait exploser un étoile ? Semble-t-il que ce ne soit pas si simple que nous pensons… De plus, les modélisations mathématiques et informatiques des explosions de supernova semblent avoir échoué à les reproduire jusqu’à récemment, semble-t-il. C’est ce que les auteurs nous démontrent avec clarté : une récapitulation illustrée de schémas d’une qualité exceptionnelle aussi.

ASTROPHYSIQUE EXPÉRIMENTALE
Plus près de nous qu’on pense

hyperspace.jpgIl est parfois difficile d’établir un lien entre les expériences conduites en laboratoire et notre propre existence. Comment une explosion d’étoile ou de supernova pourrait-elle nous concerner, nétant qu’une phase du cycle de vie de ce type d’objets célestes, en fait ?  Que représentent-ils pour nous ?

On tente justement d’établir un tel lien dans le documentaire Space de la BBC (Hyperspace en Amérique). On nous familiarise avec le cycle de vie et de mort des étoiles en nous présentant une expérience conduite en laboratoire, recréant un phénomène similaire à une explosion de supernova. Sam Neill, le présentateur de la série, conclut d’ailleurs le chapitre Star Stuff de manière étonnante :

« Je suis né dans l’espace, il y a des milliards d’années, au coeur d’un étoile que je ne connais pas ».

Un des faits étonnants concernant l’explosion d’une étoile est le déploiement d’énergie en résultant. Si vous avez déjà vu un documentaire sur la bombe H, où des séquences spectaculaires au ralenti démontrent le souffle colossal d’une bombe H – ces maisons partant au vent des kilomètres à la ronde – vous n’avez rien vu ! L’explosion d’une étoile représente des MILLLIONS de bombes H. L’activité thermonucléaire de notre Soleil s’incrit aussi dans ce genre de phénomènes ! Toutes ces activités de combustion et de fusion permettent justement de générer les matériaux qui composent notre corps, peut-on l’oublier ?

Ce documentaire est une excellente alternative si on ne désire pas se plonger dans les détails de l’article du Scientific American. Force est d’admettre que la science est aussi intéressante, même en s’inscrivant dans l’Ordre du spectacle, comme il a déjà été mentionné dans un article précédent.

SUPERNOVA MINIATURE EN LABORATOIRE
Une explosion dans un bocal

En plus de nous faire prendre conscience des conséquences de la naissance des étoiles, Neill nous introduit à Paul Drake, spécialisé dans l’astrophysique expérimentale. Il nous accorde le privilège d’être témoins de près d’une expérience tout à fait inusitée : la recréation d’une explosion de supernova dans un laboratoire ! Comme cette expérience n’est pas présentée dans l’article de Scientific American, nous la partageons ici.

On nous présente des images époustouflantes d’une supernova miniature, de 1 / 100 de pouce, sur laquelle on bombarde simultanément 60 torrents de photons émanant d’autant de faisceaux laser, avec une précision de moins de 1 / 1 000 de pouce. Les chercheurs ont recréé cette supernova miniature en fabriquant un sandwich de différents matériaux qui pourraient se retrouver dans le coeur d’une supernova.

L’ampleur des installations du Laboratory for Laser Energetics de l’Université de Rochester, où de déroule cette expérience est étonnante. Elle met aussi en relief une fois de plus ce paradoxe : bien souvent, ce n’est que dans des cathédrales souterraines immenses qu’on observe des phénomènes à une échelle minuscule ! Ce bombardement durant une infime fraction de seconde sollicite une énergie de 60 000 000 000 000 de watts, accumulée dans des banques de capaciteurs. C’est l’équivalent de 20 fois la demande de l’électricité des États-Unis à tout moment ! Les résultats de cette explosion sont filmés à une cadence élevée d’images/seconde, permettant de ramener la séquence des événements à une échelle temporelle où il est possible de visualiser à quoi ressembleraient les premiers instants de l’explosion d’une supernova, même si le phénomène se produit à très petite échelle et dans un laps de temps très court.

Les détails de l’expérience sont décrits dans l’article Star in a Jar, publié dans la revue Discover, vol. 22, no. o6, Juin 2001.

SIMILITUDES ET COMPARAISONS
Un levier de la recherche scientifique

Supernova 1987aSi le documentaire Hyperspace pique votre curiosité, des informations supplémentaires sur la dynamique de ce genre d’explosion permettent de creuser un peu plus ce phénomène, et surtout de connaître les origines de l’expérience qui y est présentée. L’article Supernova Hydrodynamics Up Close, publié par le Lawrence Livermore National Laboratory de Californie relate les travaux de Bruce Remington. Sa lecture permet notamment de constater, une fois de plus, que les similitudes et les comparaisons entre les phénomènes conduisent les scientifiques à élaborer leurs investigations.

Cette approche comparative aurait plu à l’historien des sciences Thomas Kuhn dans sa réflexion sur la structure des révolutions scientifiques, notamment au niveau des changements de paradigme, un événement isolé – lecture de magazine – pouvant mener vers une autre recherche.

Sommairement, c’est en 1995 que Bruce Remington note une similarité inattendue entre des images de deux magazines scientifiques traitant d’hydrodynamique des fluides.

En consultant l’article, vous pourrez voir que la première illustre la simulation du mélange et des éclaboussements turbulents du plasma dans une capsule de fusion, bombardée par les faisceaux puissants d’un laser intense. La seconde dépeint une modélisation informatique des mélanges de gaz durant une explosion de supervona.

Même si la première image représentait un phénomène survenant dans un espace de moins d’un dixième de millimètre de diamètre et la seconde au contraire s’étendant sur des millions de kilomètres, le comportement des fluides apparut comme virtuellement identique dans les deux cas. C’est ce qui conduisit Remington à concevoir que d’autres expériences utilisant un laser puissant pourraient reproduire le comportement des phénomènes se manifestant lors de l’explosion d’une supernova.

CONCLUSION

Depuis quelques années, l’astrophysique expérimentale conduit à des recherches de plus en plus intéressantes, contribuant à une meilleure compréhension de la naissance des objets célestes, ce tissus cosmique constituant le matériau de notre corps. Que ce soit à travers des articles scientifiques détaillés ou par l’intermédiaire de documentaires destinés au grand public, les résultats de ces recherches ont un impact indiscutable sur notre manière de nous représenter les événements et les phénomènes marquant la vie des objets célestes, ausi éloignés soient-ils.

En conséquence, de moins en moins peut-on regarder les étoiles comme des objets distants et éloignés (dans la nuit ou dans la nuit des temps…). Ne permettent-elle pas de nous rappeler, même si nos perceptions peuvent nous tromper, que le Soleil nous est aussi une étoile de jour, comme les étoiles sont des Soleils de nuit ?

Tous ces objets célestes sont intimement reliés à notre existence. Dites qu’il n’y a pas de merveilleux dans tout cela… en serez-vous capables ?

QUESTIONS
Pour laisser un commentaire

  1. Cet article pourrait-il vous motiver à voir le documentaire Hyperspace ? 
  2. Aviez-vous déjà considéré que les éléments composant votre corps pouvaient provenir du coeur d’une étoile ?
  3. L’astrophysique expérimentale vous intéresse-t-elle un peu plus, maintenant ?

NIVEAU 201
Bibliothèque de signets

Catastrophysique


Time Line of the Universe – Crédit: NASA/WMAP Science Team

LA COSMOLOGIE MODERNE
Une nouvelle page se tourne !
 

Un peu plus de treize milliards d’années après de début de l’Univers, une nouvelle page de son livre d’histoire s’ajoute au grand album de l’Académie royale des sciences de Suède, le prix Nobel de physique 2006 venant d’être accordé à deux chercheurs ayant contribué à cartographier les traces résiduelles de son explosion initiale : les docteurs John C. Mather et George F. Smoot . Vous avez probablement entendu parler des satellites COBE ou WMAP ou encore vu apparaître régulièrement dans les médias scientifiques et les magazines cette illustration ovale (plus bas) représentant une cartographie du rayonnement fossile de l’Univers, aussi appelé fond diffus cosmologique.

Cette découverte scientifique peut désormais être considérée comme une des plus importantes en cosmologie; elle est un des éléments clé soutenant la cohérence de la théorie du Big Bang.

Ainsi, après maintes années d’exposition au public, même dans des magazines moins spécialisés, ces scientifiques y ayant contribué méritent enfin leurs lettres de noblesse ! C’est un signe de reconnaissance prestigieux de la part de la communauté scientifique, confirmant que ces observations détaillées du rayonnement fossile sont d’ importance égale à la découverte initiale de Penzias et Wilson, eux aussi couronnés du prix Nobel de physique en 1978. Les anglophones pourront désormais utiliser Smoot & Mather – matière douce – pour les désigner, comme si leur nom était prédestiné !

CHRONOLOGIE
Une succession de découvertes

En 1964, les radioastronomes Penzias & Wilson sont gênés par un bruit de fond parasite lorsqu’il tentent d’entrer en communication avec le satellite Echo. Leur tentative d’élimination de cette émission semblant émaner de toutes directions les conduit involontairement à une découverte majeure, alors qu’ils entrent en contact avec d’autres membres de la communauté scientifique. Voilà qu’un chercheur du MIT, Bernard Burke, leur suggère que ce bruit de fond pourrait avoir une origine cosmologique. Cette découverte presque fortuite au départ se transforme rapidement en une découverte majeure, donnant aussi suite aux intuitions de Gamow, Alpher et Herman, dans les années 1940, à savoir qu’un bruit de fond résiduel pourrait provenir du Big Bang. Une série de mesures, avec des moyens limités à l’époque, permit enfin d’établir que cette intuition était fondée.

Cette première série de mesures conduit, beaucoup plus tard entre 1989 à 1993, à la mission COBE (Cosmic Background Explorer). Le lancement d’une sonde dotée d’instruments de mesure beaucoup plus précis permet d’effectuer les premiers relevés du rayonnement fossile. Cette image, tirée de la banque multimédia de la mission, permet de constater que les fluctuations du rayonnement sont très faibles : une mesure de différence de température de 1 sur 100 000, soit un cent millième de degré, relativement à une température uniforme moyenne de 2.73 degrés Kelvin du champ observé. Ces infimes différences dans le résidu de l’explosion initiale, même si elle ne constituent que des fluctuations très légères, sont considérées comme suffisantes pour être à l’origine de la disparité énorme des structures qui populent maintenant l’Univers : des amas de galaxies côtoyant de vastes régions de l’espace où elles sont absentes. Comme dans les modèles météorologiques – en se référant à la sensibilité aux conditions initiales dont il est question dans la théorie du chaos – ces infimes différences ont été déterminantes pour générer ces structures.

Depuis 2001, la mission WMAP (Wilkinson Anisotropy Probe) permet de produire une carte encore plus détaillée de l’Univers, dans ses premiers moments, mais avec une sensibilité 45 fois plus grande que la mission précédente. Pour faciliter la compréhension, rappelons que sur cette image les couleurs indiquent des points plus chauds (rouge) et moins chauds (bleu), tandis que les barres blanches indiquent la direction de la polarisation de la lumière plus ancienne. Il ne s’agit donc pas d’une représentation visuelle de l’Univers – à ne pas confondre – mais bien d’une représentation de ses variations de température, mesurée à une grande échelle et sur de grandes distances. En fait, c’est comme un thermomètre : une thermographie en trois dimensions des premiers instants de l’Univers. Cette nouvelle information permet de déceler encore plus précisément quand les premières étoiles se sont formées et procurent de nouveaux indices sur les événements qui se seraient produit dans le premier trillionième de seconde de l’Univers (10-12 seconde).

Comme les deux premières missions ont apporté des résultats intéressants, mais avec un degré de précision qui n’est pas encore satisfaisant, une troisième mission majeure suivra celle de WMAP de 2007 à 2009. La mission PLANCK permettra d’atteindre une précision de mesure infiniment plus grande. Sur la gauche, l’illustration est une simulation du type de carte qui pourrait s’obtenir à partir des mesures de la sonde qui sera expédiée dans cette mission. Jusqu’à date, l’existence des galaxies dans leur configuration actuelle indique aussi qu’il suffit de variations très minimes de température pour que le modèle conserve sa cohérence. Ces minimes changements sont en quelque sorte les «graines» – sous forme d’aspérité de la température. Cette nouvelle mesure pourra maintenant s’effectuer à un degré de précision qui peut déceler une différence de 1 sur 5 000 000 de degré, permettant ainsi de produire des simulations encore plus précises de la formation des amas de galaxies à partir des nuages de gaz initiaux.

Bien sûr, ce sommaire n’expose que les points essentiels; en examinant le sommaire des objectifs scientifiques de ces missions (COBE – WMAP – PLANCK) sur leurs sites respectifs, on peut constater de légères différences malgré un fond commun.

UNE DOUBLE CONSÉCRATION ?
Cosmologie et géométrie euclidienne

La lecture du texte de présentation grand public du Nobel de physique 2006 risque de créer un remous pour qui veut lire entre les lignes.

« [...] Le projet COBE peut aussi être considéré comme le point de départ pour la cosmologie en tant que science exacte : Pour la première fois, des calculs cosmologiques (comme ceux concernant la relation entre la matière sombre et la matière ordinaire, visible) ont pu être comparés avec des données réelles de mesure. Ceci transforme la cosmologie en vraie science (plutôt qu’une sorte de spéculation philosophique, comme la cosmologie traditionnelle).

[...] La conclusion semble aussi être que l’Univers est Euclidien – autrement dit, que notre géométrie nous disant que deux lignes parallèles ne se croiseront jamais semble tenir,  même à une échelle cosmologique. »

The Nobel Prize in Physics 2006
From unexepcted noise to precision Science

Ces propos sont intéressants à double titre, voulant d’une part promulguer définitivement la cosmologie au rang de science exacte, mais d’autre part évoquant aussi ce credo Euclidien de la géométrie. Cette allusion n’est-elle pas clin d’oeil, presque moqueur, à une partie de la communauté scientifique - les théoriciens de la physique – qui tente tant bien que mal d’inscrire nos existences dans un espace géométrique non euclidien, en deçà de dimensions apparemment cachées de l’Univers ?

Il faudra voir, dans les prochaines années, si la physique théorique saura conduire ses chercheurs au podium de L’Académie Royale des Sciences de la Suède ! Et surveiller aussi qui réagira à cette déclaration pour le moins inusitée ! Les auteurs Peter Woit et Lee Smolin, dont les ouvrages ont été sommairement présentés dans ce blogue, devraient sûrement sourire devant cette proclamation euclidienne, puisque leur essai constitue un regard très critique sur la physique théorique.

Cette déclaration univoque ramenant la géométrie euclidienne à l’ordre du jour, et nous invitant à errer encore pendant longtemps entre des lignes parallèles, aura-t-elle des conséquences sur les recherches sur les modèles cosmologiques alternatifs ? Est-ce une institutionnalisation encore plus définitive du modèle standard, devenant une nouvelle frontière à l’hérésie ? En fait, pourrait-on voir des traces d’un certain fondamentalisme scientifique devant une telle déclaration ?

Donc, même si la cosmologie est sur la voie de devenir une science exacte, ajoutons une note légère et un peu d’eau au moulin des débats à venir. Mentionnons que la physique théorique, au lieu d’offrir un modèle cosmologique unique, propose un nombre incalculable de modèles. Nous écrivions dans un billet précédent qu’une récente recherche suggèrerait qu’il y aurait 10500 théories M parfaitement valables, chacune décrivant une physique différente.

Cette opinion est reprise différemment, avec une certaine pointe d’humour faut-il  dire, par le journaliste scientifique George Johnson du New-York Times dans un article intitulé Oh, for the Simple Days of the Big Bang.  

« Si on décompte le nombre d’univers imaginables, chacun avec une dose différente d’énergie sombre, il est si vaste qu’il “est mesuré non en millions ou en milliards, mais en googol ou en googolplex”. (Avant qu’il ait été transformé en nom d’engin de recherche, un googol a été défini comme étant 10 à la puissance de 100 et un googolplex comme étant 10 à la puissance googol.) Pourquoi nous retrouver par exemple dans l’univers numéro 110 310 077 252 serait encore une tautologie : si nous n’y étions pas, nous ne serions pas ici pour demander. »

Voilà donc de quoi faire sourire et effectivement nous ramener à la géométrie euclidienne dans notre Univers numéro 01 pour le moment… univers zéro un pour reprendre le titre de ce blogue ! Le plancher parait-il maintenant plus solide ? Les fondations du modèle standard sèchent dans leur nouveau coffrage, tout du moins.

APOSTILLE 2006-10-23
Savoir changer de point de vue

Je dois nuancer mon propos de la section précédente, suite à un éclaircissement prodiqué par Robert Lamontagne, en réponse à mon commentaire laissé dans son billet Nobel et Cosmologie, dans le blogue Science ! On blogue Astonomie.

Lui ayant fait part de mon observation sur cette remarque de l’Académie, à propos de la géométrie euclidienne, il me répond fort à propos – je cite ici l’essentiel de sa réponse :

Je ne suis pas convaincu que la déclaration accompagnant le Nobel de cette année soit un “clin d’oeil” aux théoriciens de la cosmologie. J’y vois plutôt la reconnaissance du fait que les récentes observations du rayonnement fossile permettent de trancher de façon définitive (?) entre plusieurs représentations géométriques possible de l’Univers observable.

Les modèles cosmologiques basés sur la théorie de la relativité générale proposaient 3 géométries possibles pour notre Univers: une géométrie à courbure positive (un Univers fermé, fini, et dont la durée de vie est finie), une géométrie à courbure négative (un Univers ouvert, infini dans le temps et l’espace), ou une géométrie à courbure nulle (un Univers euclidien ouvert et infini dans le temps et l’espace).

Cette réponse n’a pu que m’inciter à me ralier sans réserve à son observation judicieuse, et j’ai ajouté ceci, en partie, pour clore la discussion :

En y réfléchissant à deux fois, je me ralie à votre interprétation, effectivement ! En reprenant les termes cruciaux de la citation de l’Accadémie, sur la géométrie : « [...] basis for calculations concerning the fundamental shape of the Universe. [...] even in the cosmological scale ».

Ainsi «forme fondamentale» et «échelle cosmologique» peuvent effectivement référer aux trois géométries possibles de l’Univers OBSERVABLE comme vous le dites si bien. Ces trois modèles, qu’on mentionne dans tous les ouvrages, n’auraient rien à voir en quelque sorte, avec la potentielle géométrie différente à une échelle sub-planckienne, effectivement ! Bref, nous voilà à nouveau à cheval entre le microcosme et le macrocosme, entre la relativité et la mécanique quantique.

Donc, voilà qui peut adoucir ma critique précédente de l’Académie, où je m’était aventuré un peu trop rapidement sans suffisamment réfléchir. Comme quoi on peut revenir sur ses positions, même si ceci ne demeure que de la petite histoire, dans un blogue qui n’est pas tenu par un scientifique. Nous apprenons sans cesse, bref ! Impossible de ne pas remercier chaleureusement M. Lamontagne pour cette mise au point…

OPPORTUNITÉ DE LECTURE
Les rides du temps

Cette consécration de la mission COBE constitue une belle opportunité pour se familiariser avec l’histoire de la mission COBE en ajoutant un livre à sa bibliothèque personnelle ! Un des deux récipiendiaires du Nobel – George Smoot – a publié l’essai Wrinkles in Time, maintenant traduit dans la collection Champs Flammarion. Même s’il date de 1994, avant la mission WMAP, cet essai expose les éléments essentiels de cette «découverte du siècle», selon Stephen Hawking. En quatrième de couverture, on nous la présente comme une aventure – une intrique : « quinze ans de recherches pendant l’âge d’or de la cosmologie, à traquer l’antimatière, à lancer des ballons, à utiliser l’ancien avion espion U-2 pour envoyer des radiomètres dans la haute atmosphère, à convaincre la NASA, après l’échec tragique de Challenger, de s’intéresser au satellite COBE ».

D’ailleurs, un des aspects passionnants de la recherche scientifique, c’est lorsqu’elle est racontée en s’insérant dans la trame du vécu. C’est à ce moment que le récit scientifique emprunte la voie romanesque, démontrant bien comment la science peut alimenter nos existences.

QUESTION
Laisser un commentaire

  1. Après cette déclaration que L’Univers est euclidien, quelle attitude devons adopter face aux travaux de physique théorique qui explorent les dimensions cachées ?
  2. Cette consécration des théories prédictives ajoutant plus de poids à la théorie du Big Bang ferme-t-elle la porte aux autres théories ?
  3. Doit-on continuer à investir dans ce genre de recherches ?

 RÉFÉRENCE

Niveau 201 – Bibliothèque de Signets mise à jour régulièrement sur le sujet

Rayonnement fossile

1. Une porte d’entrée sur les phénomènes célestes

Le vocabulaire de l’astronomie est une première porte d’entrée permettant de prendre connaissance des phénomènes célestes, dans toute l’ampleur de leur manifesation. La contemplation du ciel étoilé fascine l’Humanité depuis si longtemps… même si la pollution lumineuse des villes nous le fait malheureusement oublier. Heureusement, lors d’une conférence des plus captivantes donnée dans le cadre du quarantième anniversaire du Planétarium de Montréal, Monsieur Pierre Lacombe, astronome et directeur de cette institution, a effectué un choix judicieux – éditorial selon lui – de 40 mots afin d’offrir à l’auditoire un florilège des plus pertinents.

Il a réussi ce tour de force en un peu plus de 2 heures : faire le survol des facettes les plus importantes de cette science passionnante. Même s’il ne ne désirait pas établir un réseau de connexions entre les mots, sa synthèse du vocabulaire astronomique a permis de mieux cerner le champ d’expertise et d’investigation de l’astronomie, en tant que discipline scientifique vouée à l”observation des objets célestes.Cette conférence a aussi mis en relief, dans une perspective historique et parfois anecdotique, la contribution importante d’une brochette de scientifiques.

Sa narration étoffée des événements nous aura aussi permis de constater que l’observation scientifique des phénomènes repose sur des techniques d’observation très variées. Que ce soit par la photographie des corps célestes, par la mesure spectrographique de leur activité et de leur composition – autant dans le spectre visible que dans le spectre invisible – l’évolution des instruments d’observation a permis de percer de plus en plus de secrets. Ces observations sont un long périple entre les ondes ultra courtes et très énergétiques, qui peuvent maintenant être détectées par des sondes spatiales, jusqu’aux ondes très longues et à faible énergie que seuls de puissants radio-téléscopes peuvent détecter.

Cette histoire de l’évolution des méthodes scientifiques aura aussi permis de réaliser que la cueillette de résultats d’observations peut être soumise à un appareillage mathématique permettant, dans maintes circonstances, d’établir des corrélations intéressantes entre les mesures, que ce soit pour infirmer ou confirmer les théories explicatives proposées par les astronomes ou les astrophysiciens, notamment. Nul doute que Monsieur Lacombe a éveillé les esprits !

Il serait prétentieux reprendre in extenso cette présentation qui demeurera sans doute un excellent souvenir pour l’auditoire. Même si vous avez raté cette occasion,  trois autres conférences sont à venir, d’ici décembre !

2. Déceler des tendances d’interrogation sur le WEB

Le public fréquentant les planétariums ou les clubs d’astronomie est familier avec ce vocabulaire. Question intéressante à se poser : quelles sont les tendances d’interrogation à partir de ces termes spécialisés ? Deux constats, à première vue :

Googles TrendsSans utiliser un outillage spécialisé, l’indicateur expérimental Google Trends produit des graphiques de progression de fréquence d’utilisation pour des mots-clé de recherche; il retourne cependant peu de résultats en français…

Comme la langue des sciences utlisée sur le Web est bien souvent l’anglais, les traductions anglaises retournent plus résultats; certains mots génériques, utililsés dans d’autres circonstances - par exemple star – sont exclus ce profil. La liste d’interrogations Google Trends utilisant la plupart des mots dont il est question dans cet article devrait piquer votre curiosité, tout en vous permettant d’effectuer les vôtres.

 3. Le sentier incertain et changeant en 40 mots !

Chaque mot dans le tableau de référence ci-dessous renvoie à une entrée dans l’encyclopédie populaire Wikipédia – avec les limites qu’on lui connait – ou au meilleur site d’information francophone repéré à ce jour par l’auteur du blogue. Il sera révisé régulièrement, et en tenant compte aussi de vos suggestions et commentaires. Il faut donc le considérer comme un sentier changeant, conduisant à quarante entrées de piste de recherche. On peut s’y aventurer pendant quelques minutes ou de nombreuses heures, selon l’humeur du moment, l’astronomie étant un vaste champ d’observation. Les suggestions pour des sites plus pertinents ou plus rigoureux au niveau scientifique seront bienvenues, le Web regorgeant d’informations qui ne cessent de se transformer de jour en jour. Lorsque vous laissez un commentaire accompagné ou non de liens, prenez note que ce blogue est configuré avec un mécanisme de modération : votre commentaire doit être lu par l’auteur, avant d’apparaître.

Vous aussi visiter la bibliothèque virtuelle, sur la droite !

Astéroide
Nous en sommes entourés, à la ceinture du système solaire.

Expansion
Ce n’est pas un gaspil d’espace, car il semble infini.

Matière
Certains philosphes immatérialistes croient qu’elles n’existent pas !

Précession
On parle souvent de la précession des équinoxes.

Astrolabe
Un ancêtre des instruments d’observation.

Extra-Terrestre…
Aucun lien de disponible vers eux pour le moment ! Préférons Exobiologie !

Météorite
Muséum national d’histoire natuelle – Histoire de la Terre – France. Un site de qualité exceptionnelle

Pulsar

Comète

Fusion

Neutron

Quasar

Constellation

Galaxie
En 250 millions d’années, nous faisons le tour de la nôtre !

Observatoire
L’ASTROLab du parc national du Mont Mégantic est un musée et un centre d’activités en astronomie dédié au public. C’est un excellent portail d’information sur l’astronomie.

Relativité
Dieu joue-t-il aux dés ou non, Monsieur Einstein ?

Cratère
Article pertinent recherché

Héliocentrique

Onde
Une question fréquente : Onde ou particule ?

Sonde
Aimez-vous les sondages ? Demandez à l’Univers…

Éclipse
Êtes-vous dans son ombre ou dans sa pénombre ?

Hydrogène
Il n’en manque pas… élément le plus abondant

Parallaxe
Utiisée dans la mesure des distances astronomiques, c’est l’observation combinée aux mathématiques, plus particulièrement la trigonométrie.

Spectroscopie
Et la lumière fut… mais pas seulement la visible… tout le spectre électromagnétique, mais toutes les longeurs d’ondes, de 0,001 nm à 100 m ! Merci, Monsieur Maxwell !

Ellipse / Lois de Kepler

Iridium

Passage
Quelques fois, on peut aussi parler d’un Transit…

Supernova
Leur explision est un événement majeur…

Épicycle
Pourquoi simplifier les orbites quand c’est si simple de se les compiquer ?

Longitude

Photographie
La révolution numérique a eu lieu, la plaque argentique n’est plus de mise.

Téléscope
Qui ne rêve pas d’en avoir un dans le coffre de sa voiture ?

Étoile
Nous sommes tous nés dans le coeur d’une étoile, nous rappelle Sam Neil dans le documentaire Hyperspace.

Lumière
La lumière visible n’est qu’une petite partie du spectre électromagnétique.

Planétarium
C’est un peu le ciel des citadins, à la fois un lieu et un instrument de projection.

Trou noir
Si petit, si dense, rien n’y échappe, même la lumière.

Exobiologie
On peut aussi parler de panspermie pour la vie qui origine d’ailleurs.

Magnitude (apparente ou asbolue)
La brillance des étoiles peut nous tromper sur leur distance. Comment s’y comprendre ?

Planète
La définition vient tout juste de changer, nous en avons perdu une !

Zodiaque
Douze ou treize, ne pas confondre astrologie et astronomie !

En250mots480.jpg
  

Joignons nous à la danse… 

Vous l’avez probablement remarqué, la devise Au cas où l’univers aurait un début a cédé place à une métaphore visuelle : la déesse Shiva.

Je la contemple brièvement ou longuement au salon, devenant ainsi source d’inspiration ou de méditation. En lisant Le tao de la physique de Fritjof Capra en 1989, je l’identifiai dès lors à la danse de l’Univers, ce grand ballet cosmique pour paraphraser Trinh Xuan Thuan. Aujourd’hui, comme vous peut-être, je la vois trôner emblématiquement à l’entrée du CERN; raison de plus pour lui offrir une place d’honneur en tête du modeste journal d’un chercheur sans papiers.

J’avais abandonné mes cahiers de note; il me manquait ce plaisir du papier et de la plume. Depuis fin août un carnet Moleskine est toujours dans mon sac à dos; il permet d’accumuler mes impressions de lecture ou d’identifier de nouvelles pistes de recherche. Ses pages se noircissent à un rythme accéléré, prenant les devants allègrement sur les billets de ce blogue.

Je tenterai donc d’en publier des extraits, sans obligation toutefois d’être parfaitement synchronisé. Tout peut bien attendre; vous pourrez suivre mes progrès – ou mes reculs parfois – et emprunter aussi les autres pistes, ce blogue permettant en surcroît d’ajouter des renvois, bien sûr !

Ainsi donc, ce blogue devient plus un témoin de mon itinéraire qu’un site structuré sur l’astrophysique et la cosmologie. Virtuellement, vous voici au dessus de mon épaule, en anges gardien ! Merci une fois de plus de vos visites de plus en plus nombreuses !

Apostille 2006-10-11

  • Retour à la maquette originale, moins distrayante et plus efficace… billet sur Shiva sera réécrit…